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You are currently viewing À quoi servent les dents de sagesse et faut-il vraiment les retirer ?

Vous vous demandez sûrement pourquoi ces troisièmes molaires font tant parler d’elles, souvent en mal. Apparaissant tardivement, les dents de sagesse suscitent de nombreuses interrogations quant à leur utilité réelle et la nécessité de les extraire. Découvrez dans ce guide complet leurs origines étonnantes, leur rôle physiologique et les raisons médicales qui poussent les dentistes à recommander leur retrait.

En bref

  • Elles permettaient autrefois à nos ancêtres de mastiquer des viandes crues et de broyer des végétaux coriaces nécessaires à leur survie.
  • Notre mâchoire a rétréci au fil de l’évolution génétique, rendant la présence de ces dents souvent obsolète par manque d’espace sur l’arcade.
  • Une dent de sagesse asymptomatique, saine et parfaitement positionnée peut être conservée tout au long de la vie sans risque.
  • L’extraction devient nécessaire en cas de douleur, d’infection récurrente, de risque de caries ou de chevauchement dentaire.
  • Une simple radiographie panoramique chez votre dentiste permet d’évaluer la trajectoire de la dent et la nécessité d’intervenir.

Le rôle originel des dents de sagesse dans l’évolution humaine

Pour comprendre l’utilité de ces dents, il faut remonter loin dans notre histoire. Nos ancêtres les singes et les premiers hominidés avaient un régime alimentaire très différent du nôtre. Ils devaient mastiquer intensément des racines, des noix, des feuilles et de la viande crue très fibreuse. La troisième molaire jouait un rôle mécanique essentiel : elle offrait une surface de broyage supplémentaire pour réduire ces aliments difficiles en un bol alimentaire digeste.

Avec la découverte du feu et la cuisson des aliments, notre nourriture est devenue plus molle. La mâchoire humaine s’est adaptée au fil des millénaires en réduisant sa taille. C’est cette évolution génétique qui pose aujourd’hui problème : nous avons conservé le nombre de dents de nos aïeux, mais nous avons perdu l’espace nécessaire pour les accueillir. C’est pourquoi elles sont souvent considérées comme des organes vestigiaux, des « reliques » de notre passé.

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Les différentes phases de l’éruption dentaire

L’éruption dentaire des dents de sagesse survient généralement entre 17 et 25 ans, bien après la mise en place de la dentition définitive. Elles se forment à l’arrière des arcades, sur le maxillaire (en haut) et la mandibule (en bas). Selon l’espace disponible, leur sortie peut prendre différentes formes, chacune présentant des enjeux spécifiques pour votre santé bucco-dentaire.

État de la dentDescription cliniqueRisques potentiels
Dent sortieLa couronne est entièrement visible hors de la gencive.Caries, mauvaise position, blessures à la joue.
Dent semi-incluseLa dent n’a percé la gencive que partiellement.Infection, inflammation, douleurs aiguës.
Dent incluseLa dent est restée bloquée sous la gencive ou dans l’os.Kystes, dommages aux racines voisines.

La dent de sagesse est totalement sortie

Lorsque la dent fait son éruption complète et qu’elle s’aligne parfaitement avec les autres, elle est fonctionnelle et participe à la mastication. Si elle est saine et asymptomatique, il n’y a aucune raison de l’enlever.

Cependant, une dent sortie peut poser problème si elle manque d’une dent antagoniste (en face d’elle). Elle risque alors de continuer à pousser, un phénomène appelé supra-éruption, jusqu’à blesser la gencive opposée. De même, si elle pousse vers l’extérieur, elle peut provoquer des ulcères douloureux par frottement constant contre la joue.

La dent de sagesse est semi-incluse

C’est la configuration la plus problématique. Une dent semi-incluse est recouverte partiellement par un capuchon de gencive. Cet espace crée une véritable poche où s’accumulent débris alimentaires et bactéries.

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Le nettoyage étant impossible avec une brosse à dents classique, cette zone devient un foyer d’infection récurrent. Cela se manifeste souvent par une inflammation douloureuse des tissus mous environnants, appelée péricoronarite, qui peut évoluer vers un abcès si elle n’est pas traitée.

La dent de sagesse reste totalement incluse

Parfois, la dent ne sort jamais et reste emprisonnée dans l’os de la mâchoire. Même invisible, une dent incluse n’est pas inoffensive. Elle peut exercer une pression constante sur la racine de la deuxième molaire située juste devant elle.

Ce phénomène insidieux peut provoquer la résorption de la racine de la dent voisine saine, la fragilisant irrémédiablement. De plus, l’absence de symptômes visibles retarde souvent le diagnostic, d’où l’importance du suivi radiologique.

Les motifs médicaux justifiant l’extraction des dents de sagesse

La décision de procéder à une extraction ou une chirurgie dentaire ne se prend jamais à la légère. Votre dentiste évaluera la balance bénéfice/risque. Si la conservation de la dent menace l’équilibre de votre bouche, l’intervention devient la solution privilégiée.

Voici les signaux d’alerte qui nécessitent souvent une consultation rapide :

  • Douleur pulsatile au fond de la bouche irradiant vers l’oreille.
  • Difficulté à ouvrir la bouche (trismus).
  • Gencive rouge, gonflée et douloureuse au toucher.
  • Présence d’un ganglion sensible sous la mâchoire.

Prévenir les infections et l’apparition de caries

La position reculée des dents de sagesse rend leur hygiène quotidienne complexe. Même avec beaucoup de bonne volonté, il est difficile d’éliminer la plaque dentaire accumulée. Cette zone devient un terrain propice au développement de la carie dentaire.

Le danger est double : la carie peut attaquer la dent de sagesse elle-même, mais aussi se propager très rapidement à la molaire voisine par point de contact. De plus, l’accumulation bactérienne favorise les maladies des tissus de soutien comme la gingivite ou la parodontite, menaçant la stabilité osseuse.

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Éviter le chevauchement et préserver l’orthodontie

Le manque de place est la cause principale des désagréments. Lorsqu’elles tentent de sortir, les dents de sagesse exercent une poussée vers l’avant de l’arcade. Cette force mécanique peut provoquer un chevauchement dentaire, notamment au niveau des incisives inférieures.

Pour les patients ayant suivi un traitement d’orthodontie, la surveillance est capitale. L’éruption tardive de ces dents peut ruiner des années de traitement en modifiant l’occlusion et l’alignement obtenu. L’extraction préventive est alors recommandée pour pérenniser l’esthétique du sourire.

Réduire le risque de kyste dentaire et de lésions osseuses

Une dent qui se développe à l’intérieur de l’os est entourée d’un follicule, le sac péri-coronaire. Dans certains cas de dents incluses, ce sac peut se remplir de liquide et se transformer en kyste dentaire.

Ce kyste va grossir progressivement, provoquant une destruction silencieuse de l’os environnant. Cette lésion parodontale grave fragilise la mâchoire et peut nécessiter une intervention chirurgicale plus lourde incluant une greffe osseuse si elle n’est pas détectée à temps.

Le déroulement du diagnostic et de l’intervention chirurgicale

Avant toute décision, votre praticien réalisera un examen clinique complet appuyé par une radiographie panoramique. Ce cliché est indispensable pour visualiser la position des racines et leur proximité avec des structures anatomiques sensibles, comme le nerf alvéolaire inférieur qui parcourt la mandibule.

Si la situation est complexe, un scanner 3D Cone Beam peut être prescrit pour obtenir une image en trois dimensions et sécuriser le geste opératoire. L’extraction se fait généralement sous anesthésie locale. Des antibiotiques peuvent être prescrits en amont ou en aval de l’intervention si une infection est déjà active. N’attendez pas la douleur pour consulter : une prise en charge anticipée garantit souvent des suites opératoires plus simples et une cicatrisation rapide.