Votre dentiste vous a parlé d’une élévation sinusienne avant de poser votre implant et vous ne savez pas à quoi vous attendre. Cette intervention intrigue autant qu’elle inquiète, surtout quand on entend le mot « sinus » associé à une chirurgie dentaire. Pourtant, elle reste une étape courante et bien maîtrisée en implantologie. Voici ce qui se passe concrètement, pourquoi elle est parfois indispensable, et à quoi ressemble la suite du parcours.
En bref
- L’élévation sinusienne consiste à créer de l’espace osseux sous le sinus maxillaire pour accueillir un implant dentaire dans la mâchoire supérieure
- Elle devient nécessaire quand la hauteur d’os disponible descend sous 8 mm, souvent après une perte de dent ancienne
- Deux techniques existent : la voie crestale pour les cas légers et la voie latérale pour les manques osseux plus importants
- La cicatrisation dure en moyenne entre 4 et 9 mois avant la pose définitive de l’implant
- Les suites sont généralement modérées : gonflement, léger saignement de nez, sensation de pression pendant quelques jours
- Le tarif se situe le plus souvent entre 500 € et 1 500 €, non pris en charge par la Sécurité sociale
Qu’est-ce que l’élévation sinusienne
Le sinus maxillaire est une cavité remplie d’air, logée juste au-dessus des molaires et prémolaires supérieures. Quand une dent du haut manque depuis longtemps, l’os qui la soutenait se résorbe. Le sinus a alors tendance à occuper cet espace vide, un phénomène appelé pneumatisation.
Résultat : il ne reste parfois plus assez d’os pour ancrer solidement un implant. Un implant standard a besoin d’au moins 8 à 10 mm de hauteur osseuse pour tenir dans la durée. En dessous de ce seuil, la pose directe expose à un échec de l’ostéointégration.
L’élévation sinusienne répond exactement à ce problème. Le chirurgien soulève délicatement la membrane qui tapisse le plancher du sinus, appelée membrane de Schneider. Il comble ensuite l’espace créé avec un matériau de greffe osseuse. Au fil des mois, ce matériau se transforme en un os capable de supporter l’implant.
Pourquoi le sinus complique la pose d’un implant
Sur la mâchoire du bas, l’os est généralement dense et abondant. Sur la mâchoire du haut, la présence du sinus maxillaire limite l’espace disponible dès qu’une dent postérieure a été perdue. C’est pour cette raison que la grande majorité des élévations sinusiennes concernent le secteur des molaires supérieures, rarement les dents de devant.
Quand une élévation sinusienne devient nécessaire
Votre chirurgien-dentiste détermine la nécessité de cette intervention à partir d’un examen radiologique, généralement un scanner 3D (Cone Beam). Cet examen mesure précisément la hauteur d’os résiduelle sous le sinus.
| Hauteur d’os résiduelle | Intervention nécessaire |
|---|---|
| Plus de 8 mm | Aucune élévation sinusienne, implant posé directement |
| Entre 5 et 8 mm | Élévation par voie crestale, souvent en même temps que l’implant |
| Moins de 5 mm | Élévation par voie latérale, en amont de la pose d’implant |
D’autres facteurs influencent aussi la décision : le tabagisme, un diabète mal équilibré, ou la prise de certains médicaments comme les biphosphonates. Le praticien en tient compte pour adapter le protocole et limiter les risques de complication.
Ce type de geste relève d’une prise en charge spécialisée. Certaines structures, comme le cabinet A&M Groupe à Saint-Germain-en-Laye, proposent des soins en chirurgie bucco-dentaire dédiés à ce type d’intervention, avec imagerie 3D et planification numérique en amont de la chirurgie.
Les deux techniques d’élévation sinusienne
Le choix de la technique dépend presque uniquement de la hauteur d’os résiduelle mesurée à l’imagerie.
La voie crestale, pour les manques légers
Cette approche, aussi appelée technique de Summers, passe par le haut de la crête osseuse, là où l’implant sera posé. Le chirurgien pousse doucement la membrane sinusienne vers le haut à l’aide d’instruments spécifiques, puis comble l’espace créé. Elle permet souvent de poser l’implant le jour même.
La voie latérale, pour les manques plus importants
Quand la hauteur d’os descend sous 5 mm, la voie crestale ne suffit plus. Le chirurgien ouvre alors une petite fenêtre sur le côté de l’os maxillaire pour accéder directement au plancher du sinus. Cette technique offre une meilleure visibilité et permet de combler un volume osseux plus large.
| Critère | Voie crestale | Voie latérale |
|---|---|---|
| Hauteur d’os indiquée | 5 à 8 mm | Moins de 5 mm |
| Invasivité | Faible | Modérée |
| Pose d’implant simultanée | Souvent possible | Rare, différée de plusieurs mois |
| Gain osseux obtenu | 2 à 4 mm | Plus important, selon le comblement |
Comment se déroule l’intervention étape par étape
L’élévation sinusienne se pratique le plus souvent sous anesthésie locale, en cabinet, sans hospitalisation.
- Anesthésie locale de la zone concernée, parfois complétée d’une sédation légère pour les patients anxieux
- Incision et décollement de la gencive pour accéder à l’os maxillaire
- Ouverture d’une fenêtre osseuse (voie latérale) ou compactage osseux contrôlé (voie crestale)
- Décollement délicat de la membrane sinusienne pour créer l’espace nécessaire
- Comblement avec le matériau de greffe choisi (os autogène, substitut synthétique ou mélange des deux)
- Fermeture des tissus par des points de suture, résorbables ou non selon le protocole
L’intervention dure en général entre 45 minutes et 1h30, selon la complexité du cas et la technique retenue.
Douleur et suites post-opératoires
La plupart des patients décrivent une gêne modérée, comparable à celle d’une extraction de dent de sagesse.
Ce qui est normal dans les jours qui suivent
- Un léger gonflement de la joue pendant 2 à 4 jours
- Un saignement de nez discret, surtout le premier jour
- Une sensation de pression ou de congestion nasale
- Un inconfort à la mastication du côté opéré pendant une à deux semaines
Votre chirurgien vous prescrit généralement des antibiotiques préventifs et un traitement anti-inflammatoire. Il vous demande aussi d’éviter de vous moucher, d’éternuer bouche fermée, de prendre l’avion ou de plonger pendant les premières semaines, pour ne pas mettre de pression sur le sinus en cicatrisation.
Signes qui doivent vous alerter
- Une douleur qui s’intensifie après le troisième jour au lieu de diminuer
- Une fièvre persistante
- Un écoulement nasal purulent
- Un gonflement qui continue d’augmenter après 4 jours
Dans ces cas, contactez rapidement votre chirurgien plutôt que d’attendre le prochain rendez-vous.
Délai de cicatrisation avant la pose de l’implant
Le matériau de greffe met du temps à se transformer en véritable os capable de porter un implant. Ce délai varie selon la technique utilisée et le volume greffé.
- 4 à 6 mois en moyenne pour une greffe de faible volume, voie crestale
- 6 à 9 mois pour une greffe plus importante, voie latérale
Une fois ce délai passé, votre dentiste réalise un nouveau contrôle radiologique pour vérifier la qualité de l’os obtenu avant de poser l’implant. La mise en charge, c’est-à-dire la pose de la couronne définitive sur l’implant, intervient généralement 4 à 6 mois après la pose de l’implant lui-même.
Risques et complications possibles
Comme toute chirurgie, l’élévation sinusienne comporte des risques, même s’ils restent limités entre des mains expérimentées.
- Perforation de la membrane sinusienne : la complication la plus fréquente, réparée immédiatement pendant l’intervention dans la majorité des cas sans conséquence sur le résultat final
- Sinusite post-opératoire : prévenue par une antibiothérapie et des consignes de précaution
- Migration du matériau de greffe dans le sinus : rare, elle nécessite parfois une reprise chirurgicale
Le taux de succès global de cette intervention dépasse 90 % dans la littérature scientifique, à condition de respecter les indications et les consignes post-opératoires.
Prix d’une élévation sinusienne
Le tarif dépend de la technique choisie, du volume à combler et du praticien. En France, comptez généralement entre 500 € et 1 500 € pour une élévation sinusienne, en plus du coût de l’implant lui-même. Cet acte n’est pas remboursé par la Sécurité sociale. Certaines mutuelles proposent une prise en charge partielle dans le cadre d’un forfait implantologie, à vérifier avant l’intervention.
Si votre chirurgien vous parle aussi de greffe osseuse en parallèle, cet article détaille le taux de réussite de la greffe osseuse dentaire et les facteurs qui l’influencent. Pour comprendre le nombre de rendez-vous à prévoir une fois l’os reconstitué, ce guide explique le déroulé complet de la pose d’un implant dentaire.

